Mon enfance

Enfant, j'ai toujours eu beaucoup de vie et je ne pouvais jamais rester sans rien faire. J'habitais une grande maison familiale, partagée entre mes parents et moi, mes grands parents et la famille de mon oncle. Avec beaucoup de terrain que j'ai exploré dans ses moindres recoins. J'aimais grimper dans les arbres, cultiver le jardin avec mon grand-père, ou... faire du vélo. A cinq ans, mes parents m'emmenèrent faire mon premier essai sur une piste de BMX. J'ai très vite pris une licence au Bicross Club Givordin, avant de pratiquer la discipline pendant cinq belles années. De nature plutôt timide et pas aidé par ma petite taille, j'ai eu du mal à me faire ma place dans cette discipline plutôt virile. Mes parents tremblaient à chaque départ, de peur de la chute. Ils m'ont d'ailleurs emmené quelques fois aux urgences... Et je ne compte pas les aller-retours effectués dans la cour familiale, équipée de deux tremplins que j'avais fabriqués moi-même à grand renfort de clous. Dès que j'avais quelques minutes, j'enfourchais mon vélo pour jubiler avec quelques sauts.
 
En parallèle, j'ai pratiqué d'autres sports comme la gymnastique, le tennis ou le football, mais je n'arrivais pas à m'épanouir. J'ai également fini par me lasser du bicross et stoppé cette pratique à onze ans, après avoir quand même profité de nombreux voyages avec mes parents et mon frère. Je me suis alors inscrit à des cours de rock'n'roll avec ma cousine pendant trois ans. Mais je ressentais le besoin de l'adrénaline, des descentes, de l'effort total. Alors à douze ans, je me suis mis au cyclisme sur route au sein du Tonic Cyclo de Ternay. Les éducateurs et notamment mon premier entraîneur Michel Servet avaient décelé mon potentiel. Le club n'étant pas affilié à une fédération, j'ai du prendre le chemin de Givors pour signer une licence au sein de la section route. Mais je continuais à m'entraîner les mercredis après-midi avec le club de Ternay, qui voyait ses rangs s'étoffer. J'ai couru ma première course officielle en minimes deuxième année et me suis imposé en solitaire après avoir démarré à deux kilomètres de la ligne. J'avais aussi remporté le titre régional, au terme d'un sprint en montée. 

Je suis ensuite passé à la catégorie cadet. Ma première année fut laborieuse face à des concurrents déjà taillés comme des adultes. Mais lors de la seconde, je me suis pris au jeu plus sérieusement, faisant également de la piste et du cyclocross. J'ai décroché des victoires dans toutes les disciplines et j'ai ainsi commencé à fréquenter les sélections régionales pour des échéances nationales. C'est alors que le 1er septembre 1996, après avoir passé un été studieux à alterner entraînement et visionnage du Tour de France, je décrochais le titre de champion de France cadet, sous les yeux de mes parents et mon frère. Dès lors, c'était acquis pour moi : je voulais devenir coureur professionnel. J'ai donc redoublé d'efforts pendant l'hiver, motivé par une première sélection en équipe de France. J'avais conscience qu'il fallait que je progresse mais la mue ne pouvait pas se faire en un jour. Malgré tout, dès ma première course avec les "3 et 4", je me suis imposé, signe que j'étais dans le vrai.
 
A côté de ça, mon cursus scolaire se passait plutôt bien. J'étais bon élève. Mais je faisais le minimum pour que mes parents n'aient rien à me reprocher. J'étais totalement focalisé sur le vélo, alors que mes camarades de classe avaient pris le chemin d'une jeunesse normale, rythmée par les sorties et les fêtes entre copains. Les résultats suivaient, ce qui m'encourageait à poursuivre mes efforts. Petit à petit, je progressais. Mais à vouloir bien faire tout en continuant à suivre une scolarité normale, j'ai été rattrapé par le stress. Un côté nerveux et anxieux que j'ai toujours eu, mais qui cette fois-ci avait pris le dessus. J'avais de plus en plus de mal à allier les deux fronts. J'avais été muté au VC Caladois et m'étais mis en tête à tout prix de réussir. En juillet, j'étais stoppé par une péritonite aiguë, mais avec tout l'entêtement qui me caractérise, je renfourchais mon vélo dès que possible et retrouvais le chemin du succès. 

L'hiver suivant, je signais au Vélo Club Lyon Vaulx en Velin, la référence dans la région, qui alimentait le circuit professionnel en jeunes talents. J'ai découvert cet hiver là une vie de jeune de mon âge, en profitant de ma vie nocturne. Mon intégration à ce niveau fut compliquée... Mais bien conseillé par l'encadrement qui me ménageait, j'ai continué à progresser et à gagner. Le club et son directeur sportif Julien Jurdie croyaient en moi. La préparation et les entraînements devenaient vraiment pointus. Lors de ces deux années dans ce club, où l'ambiance était joviale malgré des hauts et des bas, j'ai pris de la caisse et me suis hissé progressivement vers l'élite. En 2000, j'ai participé au Tour de l'Ain, mes premiers tours de roue avec les professionnels. Dans ma tête, la jonction était faite : il fallait que j'y arrive. J'ai alors fait tous les sacrifices qu'il fallait et malgré un coup de stress début 2001, j'étais lancé vers mon premier contrat pro. J'engrangeais les victoires de plus en plus prestigieuses, je m'étoffais physiquement et commençais à bien me connaître. En fin de saison, j'étais stagiaire à la Française des Jeux suite à ma victoire d'étape au Tour de l'Ain. Je n'avais toujours rien de signé mais je croyais à mes chances de franchir le Rubicon. Lors de la dernière course de la saison, Paris-Tours espoirs, je m'imposais et grâce à l'aide de Julien Jurdie, je signais mon premier contrat pro en faveur de l'équipe Jean Delatour.
 
 
 

Ils ont compté dans ma carrière

 
Mes parents, qui m'ont donné le goût du sport. Ils m'ont toujours soutenu moralement et ont fait les sacrifices financiers pour me permettre d'avoir du matériel. Ils ont adapté leur rythme de vie à celle d'un jeune coureur pour que je puisse m'entraîner à ma convenance et participer aux compétitions.
 
Mon frère Grégory, qui aurait voulu embrasser la même destinée que moi et qui est toujours à mon écoute.
 
Mon épouse Magalie, qui partage mon quotidien de sportif de haut-niveau jalloné de doutes et d'absences, et qui m'a donné une adorable petite fille, Sienna.
 
Tous les membres de ma famille, qui ne sont pas forcément férus de sport, mais qui reconnaissent mon implication et se montrent présent depuis le début de ma carrière.
 
 
 
 
 
Michel Servet, mon premier entraîneur, qui porte toujours un regard avisé sur mes performances, ainsi que le Tonic Cyclo Club de Ternay, mon premier club au sein duquel je suis toujours licencié.
 
 
 
 
 
 
 
La structure fédérale, le comité du Rhône et le comité du Lyonnais, avec son CTR Dominique Garde, qui m'ont rapidement sélectionné au sein de leurs équipes pour participer à des épreuves d'envergure nationale.
 
Serge Barle, président en 1998 du Vélo Club Caladois, avec qui j'ai passé une saison riche en anecdotes. Il m'a donné ma chance dans l'élite au sein de l'équipe Jean Delatour et me soutient toujours.
 
Le Vélo Club Lyon Vaulx en Velin, qui par le biais de Marc Pacheco à détecté mon potentiel dès les cadets et à contribué à mon éclosion en me communiquant leurs méthodes d'entrainement.
 
Julien Jurdie, qui a cru en moi et m'a décroché mon premier contrat professionnel. Je l'ai retrouvé par la suite chez AG2R Prévoyance et maintenant chez AG2R La Mondiale : il sera mon directeur sportif référent.
 
Vincent Lavenu, mon beau-père, qui m'a permis de découvrir le calendrier mondial et avec qui j'aurai passé une grande partie de ma carrière.
 
Le staff de l'équipe Cofidis, qui a permis mon éclosion au plus haut niveau en me remettant sur de bons rails, et qui m'a donné les clefs pour me permette d'exploiter mes capacités.
 
Bernard Kolly, mon habituel compagnon d'entrainement ainsi que tous les amis fidèles que j'ai rencontré depuis mes débuts, qui me manifestent régulièrement leur soutien.
 
Tous les membres du fan club composé d'amis de longue date - certains issus de mes débuts en BMX - et de personnes toujours présentes par des écrits ou leurs présences sur les compétitions.